Violences faites aux femmes

Violences faites aux femmes

Cette thèse porte sur l’impact d’une maquette réalisée par l’URPS en 2013 sur les violences faites aux femmes sur toute la région PACA. Et par ce travail j’aimerais évaluer si la maquette d’information a permis une meilleure détection et prise en charge des femmes victimes de violence.

Les violences faites aux femmes sont un problème actuel majeur de santé publique, causant plus de décès que le cancer, le paludisme et les accidents de la circulation entre 15 et 44 ans.


Le médecin généraliste a donc un rôle clé car c'est l'un des premiers interlocuteurs avec une possibilité :

• de dépistage rapide à partir de signes cliniques évocateurs 
• d'établissement d'un certificat médical initial, document obligatoire lors d'un dépôt de plainte


C'est également l'occasion par ce sujet de lever le tabou face aux violences faites aux femmes car les médecins généralistes sont encore mal à l'aise car il n'existe pas de réelle formation médicale obligatoire, qu'elle soit théorique ou pratique sur la détection des femmes victimes de violence et surtout leur prise en charge ainsi que les possibilités de recours judiciaire avec les moyens mis à leur disposition. En effet, le médecin est toujours en conflit avec le respect du secret médical (code de déontologie médicale) et la non assistance à personne en danger (code pénal).


Les enjeux sont multiples : au delà des conséquences psychologiques et sociales, les violences faites aux femmes coûtent 3,6 milliards d'euros en France, en termes de soins médicaux, d'aides sociales et de perte de capacité de production, selon l'évaluation du ministère des Affaires Sociales et des Droits des femmes.

Ce guide rédigé par l'URPS PACA destiné aux médecins libéraux généralistes a avant tout un but informatif avec rappel de la loi et de la dérogation au secret médical. Il rappelle également tous les signes cliniques évocateurs de violences sur une femme qu'ils soient physiques ou moraux et nous explique comment interroger ces patientes et libérer la parole.
 

Du point de vue médico légal, cette maquette est importante car elle définit l'ITT (Incapacité Totale de Travail) au sens pénal, anciennement ITTP (Incapacité Totale de Travail Permanent), source de nombreuses erreurs dans les certificats médicaux car trop peu de formation sur la partie médico légale à laquelle le médecin généraliste est confronté tous les jours, sachant que la mise en oeuvre de la répression fixée par les magistrats du parquet dépend de l'importance de l'ITT fixée.

Cette maitrise médico judiciaire par le médecin généraliste grâce à ce guide pourrait probablement diminuer le coût financier en sollicitant moins les médecins légistes pour des rédactions d'ITT et permettrait également à la femme victime de n'avoir qu'un seul interlocuteur : son médecin généraliste qu'elle connaît bien et avec qui il est plus facile de discuter de sa vie intime.  



Liza ROCHA